Epitaphe quand je mourrai

Epitaphe quand je mourrai

Mariama Ndiaye


Quand je mourrai,
Ne pleurez pas
Il faudra blanchir vos dents
Il faudra prier pour que je vous quitte!
 
Quand je mourrai,
Je vous confierai mes enfants,
Apprenez leur à lire et à écrire,
Traduisez leur les chants d’initiés,
Qu’ils se nourrissent de rêves et d’idéal,
Qu’ils prennent ma plume que j’ai prise
Le soin de ne pas cacher.
 
Quand je mourrai,
Permettez à cette terre de Foundiougne
De couver mon sommeil éternel
Priez pour que je demeure la nourrice
De ses entrailles.
 
Quand je mourrai
Lisez mes écrits
Ne m’oubliez jamais.
 
Quand je mourrai,
Venez visiter ma tombe les vendredi, samedi et dimanche
Je vous demanderai de fêter cet anniversaire,
Ce jour où la poétesse a embrassé
La fraîcheur de ces ombres éternelles.
 
Quand je mourrai
Ne m’oubliez jamais,
Je vous dédierai d’autres poèmes dans ma tombe
Car au royaume des cieux je continuerai
A écrire pour vous.

Femmes

A toute mes soeurs qui souffrent loin de moi Femmes africaines ! Femmes de savanes et de la steppe ! Femmes des régions libérées ! Femmes de la Guinée Bissau, femmes d’Afrique ! Vous avez aimé devant la rougeur de feux, Sous le silence de l’ennemi, Vous avez donné vie sous les crépitements des mitrailleuses Vous les sœurs opprimées, vous qui gardez dans vos entailles Le visage de l’Afrique immortelle ! Vous ne pourrez être oubliées, ni décolorées. Vous avez nourri l’Afrique de votre sève Votre peau d’ébène a refusé la caresse du colonisateur. Femmes africaines ! Belles femmes à la peau sombre Acceptez la demande de votre sœur du Sénégal. Belles femmes noires Aux destinées éternelles, Enrôle dans vos brigades Je mettrai l’uniforme du refus, Je participerai à vos simulacres De combat, et je crierai : VIVE L’AFRIQUE LIBRE !

Epitaph For When I Die

Donnisa Edmonds


When I die,
You must whiten your teeth,
You must pray so that I leave!
 
When I die,
I will entrust to you my children,
Teach them to read and write,
Show them the songs of the enlightened, 
So that they nourish themselves with dream and goals,
So that they take my quill that I prize
The care not to hide.
 
When I die,
Allow this earth of Foundiougne
To swathe my eternal slumber
Pray so that I remain the caretaker
Of its depths.
 
When I die
Read my writings
Never forget me.
 
When I die,
Come to visit my tomb on Fridays, Saturdays and Sundays
I will ask you to celebrate this anniversary,
This day where the poetess embraced
The coolness of these eternal shadows.
 
When I die
Never forget me,
I will dedicate to you the other poems in my tomb
Because in the kingdom of heaven I will continue
To write for you.

women

To all my sisters who suffer far from me Women of Africa! Women of the Savanah and the Plain! Women of the liberated regions! Women of the Guinea-Bissau, women of Africa! You have loved before the blush of fire, Under the silence of the enemy, You have given life under the sputter of machine guns, You the sisters oppressed, you who guard in your womb, The face of the immortal Africa! You will not be neither forgotten, nor left to fade. You have fed Africa from your lifeblood Your skin of ebony refuses the caress of the colonizer. Women of Africa! Beautiful women with dark skin Accept the request of your sister from Senegal. Beautiful black women To your enteral destinies, Enlist in your brigades I will put on the uniform of refusal, I will participate in your mockery Of combat, and I will cry: LONG LIVE THE LIBERATED AFRICA!